Le langage de Gabriel Lester est celui du cinéma. En analysant les différents composants de ce qui semble une seule entité, il dévoile les trucages, mais également la beauté et la complexité de l’image mouvante. ‘The Last Smoking Flight’ se présente comme un moment givré dans le temps et l’espace. Le décor, son, image et acteurs confluent dans une triptyque hypnotisante et poétique.
‘The Last Smoking Flight’ commémore la dernière cigarette; la dernière fois qu’on puisse y prendre plaisir sans aucun souci ou contrainte. Le geste fumeur est doté de plein de significations. On l’associe au divin, à la sexualité ou même à l’acte de réfléchir. Dans les peintures du dix-septième siècle, il faisait figure de symbole « vanitas » pour la vie fugace. Tandis que le fumeur de la modernité était intellectuel, distant ou fatale. Ces jours-ci, l’acte de fumer est vu comme suicidaire. Toujours est-il question des conséquences finales. Avec ironie et nostalgie, ‘The Last Smoking Flight’ évoque toute l’ambivalence du geste fumeur. Lester nous illustre de manière subtile comment l’autodestruction réside dans les profondeurs de chaque âme. Et il nous montre un temps actuel où prévale le nihilisme, où les individus sont devenus apathiques. Sans même la motivation ou la force de prendre sa vie en main ou de changer quoique ce soit.



