Bien que le premier long métrage de Ben Russell (1976) soit de nature ethnographique, il tente dans Let Each One Go Where He May de démanteler les canons classiques de l’art populaire. La caméra suit le voyage long et épuisant de deux frères dont on ne connaît pas le nom. Partant des bidonvilles de la capitale du Surinam Paramaribo, ils entreprennent le même voyage que leurs ancêtres échappant de justesse à l’esclavagisme hollandais 300 ans plus tôt. Aujourd’hui encore, leur dangereux voyage à pied par delà les terres et les fleuves témoigne de situations difficiles et de migration forcée. Russell opte dans Let Each One Go Where He May pour le mysticisme et la position active du spectateur. Il montre ainsi la beauté naturelle plutôt que d’aligner des données statiques soutenues par des remarques explicatives. Sa structure peu conventionnelle de treize prises élargies pendant dix minutes chacune évoque clairement les évènements historiques. Cela donne des scènes absorbantes qui font écho au rythme du paysage, à l’Histoire et aux événements actuels.
Arenberg > 26 Galerie de la Reine
€ 8/4
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2009, 16MM, 135’, COLOUR, SARAMACCAN SPOKEN, ENGLISH SUBTITLES


